Tambouille maladroite ; le but était d’écrire

25 janvier 2012

Je crois que j’ai un problème avec l’écriture. Je rêve de devenir écrivain depuis mes treize ans et ma première “publication” dans un webzine d’humour stupide systématiquement présent sur le CD qui accompagnait chaque numéro de Joystick. Evidemment, c’était pas vraiment du Chateaubriand, et, pour avoir encore les textes sur mon disque dur depuis tout ce temps, on peut même dire que c’était carrément de la merde. Mais ici est le problème. Des idées d’écriture, j’en ai plein. Comme tout le monde, je m’imagine des choses, et, comme tout le monde, avant de dormir, mon imagination s’emballe de sorte que je me retrouve avec plein de “super idées” qu’il “faudra absolument que j’écrive plus tard”, puis je dors et j’oublie. J’aimerais écrire du post-apo, j’aimerais coucher sur le papier toute la violence qui m’habite, j’aimerais parler de moi, mais je bloque. Pourquoi ? Parce que je ne me sens jamais vraiment prêt. Tout se passe comme si, dès la première ligne, tout devait être parfait. Comprenez : je ne veux pas simplement écrire un livre, je veux écrire un chef-d’oeuvre. Je veux qu’on m’offre le prix Renaudot. Je veux qu’on me considère pour la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres, pour la refuser en expliquant que l’Etat n’a pas a se faire le garant de la culture en distribuant des bons points. Je veux casser les couilles à l’establishment, fumer des gros joints à la télé et me battre contre le système, avec les cheveux mi-longs et une barbe de trois jours bien calculée. Non, c’est pas beau, mais c’est comme ça. Et qu’importe ce qu’on veuille bien dire à tout le monde, on a un peu tous envie de ça au fond de nous, je crois.

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habitus

13 mars 2011

J’ai presque toujours écrit, je n’ai jamais su écrire. On me dit que j’écris bien mais je ne vois que des erreurs, des approximations, de jolis mots absents et des tâches noires qui ne sont que des formes imparfaites, là où devrait couler une encre limpide. Reste le terrible fracas mental des possibles qui s’entrechoquent. Je me souviens avoir écrit, jamais sans plaisir, toujours sans talent. Quelque fois, une âme égarée me souffle que j’ai quelque chose. Mais je ne vois rien qui est, simplement ce qui ne vient pas. Tous ces morts-nés qui crient silencieusement. J’écris depuis mes treize ans, mais la machine à écrire orange fluo de mon enfance doit bien y être pour quelque chose. Impossible pour autant de déterminer le point à partir duquel j’écrirai vraiment. On me dit capable, je m’accroche de toutes mes forces à cette pensée. Les mêmes forces qui m’abandonnent lorsque je dois me mettre en mouvement, dans le récit, comme si je versais des mots précipités dans un entonnoir et que rien ne sortait. Ecrire est une vilaine habitude que j’ai prise il y a bien trop longtemps pour que je puisse m’en défaire. Mais comme toutes les habitudes, elle reste vilaine, moche, régulière, quoiqu’accidentée. Il se trouve toujours un médecin pour flatter quelque comportement, là où il n’y a que sinistre répétition. J’aimerais faire ce qui est bon, je ne vois que le reste. La multitude crie :

Il y a tant de façons illusoires de dire une chose unique et singulière qui n’accepte pourtant qu’une seule formulation. Aucune de celles que j’emploie ne me satisfait.

Quelle serait la première étape ? Prendre une habitude d’écriture, ou perdre les miennes ? Je vois, l’habitude d’écriture n’est pas habitudes d’écritures. Tout se confond, se corrige. Même la répétition a quelque chose de nouveau. Elle gonfle de ses précédents comme une boule de neige. Dans le premier paragraphe, j’ai voulu exprimer quatre fois la même idée avec des mots différents, et j’ai pourtant, en lisant la fin, eu le sentiment d’une progression.

Ma mère est morte. L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée. C’est là toute l’étendue de ma culture de l’incipit. Imaginez la pression. Et si mes premiers mots étaient les plus importants ; et s’ils étaient ratés ? Et si j’avais déjà écrit mes premiers mots, et que tout le reste n’était que la répétition compulsive de toutes mes tentatives adolescentes, juste gonflées de quelque fioriture littéraire et autres expériences diverses, qui me permettent de donner plus de précision à cette création continuée ?

First it giveth

25 février 2011

Toulouse a toujours été mon point faible. J’ai quitté cette ville à dix-sept ans, sans jamais vraiment m’en défaire, puisque c’est bien au contraire toute mon identité qui s’est révélée dans le triste contraste bordelais. A la morne pierre blanche bordelaise hantée par des figures sans vie, j’ai toujours préféré la brique vivante et la convivialité permanente qui anime Toulouse, et chaque fois que je choisis de quitter les rails de l’ennui bordelais propices à mon épanouissement étudiant (puisque Bordeaux est tellement ennuyeuse qu’il est presque toujours plus tentant d’y travailler), c’est pour me diriger soit vers Paris, ville écrasante, bruyante, étouffante, mais totalement énergique et sans-cesse surprenante ; soit vers la ville de mon âme, Toulouse, dont l’attente est une parousie sans cesse satisfaite puis renouvelée.

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Maladresses

16 février 2011

Je me souviens de façon vive de cette expression que ma mère employait lorsque, petit, j’enchaînais les conneries de façon un peu trop soutenue : “tu as le diable au corps ou quoi ?”. Effroi dans ma jeune tête de catholique ; j’ai bouché la baignoire, serais-je possédé ? Rien de plus violent pour moi que cette innocente expression. Je me souviens de m’être alors mis en tête que mes actions m’échappaient, qu’en dépit de ma volonté, j’étais comme condamné à échouer, à faire le mal, sans le vouloir. Profond sentiment d’injustice. Et puis, chemin faisant, la frayeur ne s’est pas dissipée. Bientôt j’imaginais avoir autour de moi comme une sorte de coque, de couche organique rosâtre, qui ne voulait pas me lâcher, et qui de toutes mes actions, s’évertuait à faire naître l’échec, le manque, la douleur, le mal ; bref que j’étais comme condamné à être jugé par un autre, fût-il Dieu ou ma mère, comme coupable.

Depuis quelques jours je pense à écrire ici sur deux sujets bien distincts, quoique tous très personnels : le premier graviterait autour de ma relation face à la religion dans laquelle j’ai été élevé (catholicisme), qui structure encore beaucoup, je m’en rend compte, ma conception de la justice, mes notions de bien et de mal, et ma vie de quotidienne en général. Le but, si vous me permettez la truelle freudienne, étant de chercher à refonder en athéisme mes préceptes moraux, et de tuer le père (Dieu), pour niquer ta mère épouser la mère (la philosophie). Le second consisterait à parler de cette médiocrité dont je pense qu’elle m’habite jusqu’à suinter de mes pores. Je me rends compte que ces deux aspects sont en réalité liés.

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Un article qui ne va nulle part et qui en parle

31 janvier 2011

En ce moment je n’écris et pas et je crois que c’est plutôt bon signe. Surtout pour vous.

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De l’art de s’accommoder ses vices

28 décembre 2010

J’ai été éduqué dans le catholicisme. Je suis allé au catéchisme à peu près de mes 8 ans à mes 14 ans, ai été enfant de choeur pendant quatre ans, et je dois avouer que jusqu’à quelques semaines, je considérais encore cette éducation comme une sorte de chance : certaines valeurs sont codées en moi en dur, pour prendre un vocabulaire informatique. Malgré toutes mes tentatives de débauche je considérais ce lourd héritage éducatif comme un carcan duquel je ne pourrais jamais totalement m’affranchir. Mon éducation m’a donné des bornes inamovibles qui m’ont donné une notion claire des lignes à ne pas franchir ; ma conscience trouvant toujours un chemin tordu pour venir me rappeler que ce que je fais est parfois mal, jusqu’à m’en rendre psychologiquement malade. Quel sentiment humain est en effet plus fort que la culpabilité ? Elle transcende toutes les autres valeurs pour venir les chapeauter. Elle est phare éternel sur la côte de la pensée, le signal fort d’un port d’attache, le symbole de la terre ferme qu’on peut chercher à rejoindre pour trouver la quiétude et la fermeté solide d’un sentiment de sécurité. Mais elle est aussi ce tuteur cruel qui vous juge du lointain quelque soit votre position géographique sur le vaste territoire de vos errances de jeunesse, cette piqûre de rappel si douloureuse qui vient lanciner de temps à autres lorsque le retour réflexif nécessaire sur vos actions se fait automatique et nécessaire. Elle brille d’une clarté qui n’est jamais aveuglante mais toujours présente dans un coin de votre champ de vision philosophique.

Dès lors, mener une véritable existence libre et responsable devient un peu délicat, lorsqu’après une nuit sous coke à Prague le fier phare de la morale vient vous juger du haut de votre jeunesse droite. Mathieu, qu’es-tu devenu ? Semble-t-elle me crier, d’un son étouffé par les sacs et resacs des vagues de nausée. Mes troubles obsessionnels compulsifs la connaissent bien, ils pourraient vous en parler.

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Ne jamais s’interdire de réfléchir

27 décembre 2010

Je me demande souvent quel sera l’héritage philosophique que je souhaite laisser à mes enfants et petits-enfants au moment de ma mort. Quels principes seraient capables de résumer de façon claire et évidente les grandes directions, les règles à suivre pour fixer les siennes, vivre libre, et s’épanouir pleinement ? Car il est de ces règles qui permettent la rébellion, de ces chaînes qui libèrent, comme l’Etat de droit contraint chacun à respecter les droits de l’autre contre l’Etat tyrannique où le despote, libre de tout, est esclave de ses propres passions. Les grandes règles qui libèrent, celles qui me semblent justes et par lesquelles il me semble que toute l’existence prend son sens, ce sont elles que je souhaite identifier d’abord pour moi, et ensuite et surtout pour ma descendance (sans me faire illusion sur leur respect, je ne suis pas naïf, mais le dosage parfait entre l’injonction et l’invitation cordiale suivie par des êtres de bonne volonté est une autre question).

J’hésite sur beaucoup de petites phrases courtes qui agiraient comme des maximes à suivre et dont le point final serait comme une invitation au paradoxe, si fertile en terme de progression intellectuelle, en remettant en question les règles par une règle finale, qui les renverseraient sur elles-mêmes. Mais si j’ai encore du mal à ficeler le tout, une maxime, la première, me parait la plus certaine : Ne jamais s’interdire de réfléchir.

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Le facteur déterminant (où l’on tente d’identifier des problèmes avant de proposer des solutions)

6 décembre 2010

Il est amusant de constater qu’un changement tient parfois à une toute petite chose qui prend une importance démesurée vis-à-vis de notre état d’esprit. Comprenez la chose suivante : l’unité, le changement, la diversité, l’identité ce sont des thèmes étroitement liés et incroyablement fertile en philosophie, difficiles à définir ou simplement saisir par la pensée de façon claire. La plupart du temps, monsieur tout le monde (qui nous prenons à titre d’exemple un peu grossier) s’en fout totalement. Pourquoi quelque chose marche et, la microseconde d’après, ne marche plus ? Bien sûr, on peut prétexter que tel élément s’est rompu ou s’est cassé, ou a effectué tel mouvement causant le dysfonctionnement global de ladite chose, mais on voit que ça ne fait que déplacer le même problème sur un autre élément plus petit. On pourrait alors effectuer le déplacement à l’infini sans résoudre véritablement quoique ce soit (de conséquence en cause), puisqu’il resterait toujours un changement déterminant à analyser pour trouver une cause qui elle même ne nous dit pas pourquoi elle a eu lieu (problème de la cause originelle ou de la régression à l’infini). Ici on voit que la réponse technique n’est pas satisfaisante (si on est dans le cadre dans raisonnement rigoureux en tous cas, mais si un jour je réchauffe des raviolis avec toi, lecteur, et que le micro-onde tombe en panne, tu pourras m’expliquer que le micro-onde ne marche plus parce que tel élément s’est cassé, je dirais ok et mangerai mes raviolis froids sans te briser les burnes, promis).

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Lettre ouverte à mademoiselle Bordeaux

29 octobre 2010

Chère Bordeaux,
Si tu pouvais faire en sorte de me faire rencontrer de nouvelles personnes, je te serais très reconnaissant. En effet, si j’en crois les projections spacio-temporelles tenant compte du rythme auquel mon cercle de connaissances s’agrandit dans cette triste ville, la probabilité pour ma descendance d’être congénitale est d’environ 9001%.
Promis, si les conditions sont remplies, je tâcherais d’éviter les allers-retours incessants à Toulouse.
Cordialement,
Ton petit Blènounet d’amour.

PS : Si tu pouvais purger la Rue St-Catherine au napalm par un beau samedi d’octobre, je t’en serais doublement reconnaissant.

 

Edit : Je vais boire pour punir ma raison pure de se comporter aussi mal à l’audience de son propre tribunal, et, de toute la connaissance a posteriori des consommations d’alcool après une longue période de sevrage que j’ai pu accumuler précédemment, je peux attendre a priori de la prochaine d’avoir pour résultat une ébriété proche de celle d’un âne commun (Equus asinus). Le but ? Déterminer si l’affirmation “tout corps est étendu” est bel et bien le fait d’un jugement analytique, ou simplement celui d’un être alcoolique qui, par connaissance a priori pure des concepts d’espace et de temps, constate avec sagacité qu’il est en train de ramper dans son vomi. L’investigation philosophique des conditions de possibilité de l’ivresse à la vodka pure continue.

 

 

(je passe un week-end de ouf là)

Erasmus or not Erasmus ?

9 octobre 2010

Quelque peu conforté par la validation de ma première année, j’ai esquissé le projet fragile de présenter ma candidature pour partir en Erasmus dans un pays anglophone l’année prochaine (troisième année). Mais si les premiers jours enthousiastes, qui ont vu naître la ferme résolution, étaient placés sous l’égide d’une clarté limpide façon grand beau ciel bleu d’été, à mesure que j’avance timidement dans mon premier semestre, je suis bien obligé d’être gagné par les nuages gris et forcé de peser le pour et le contre. Un peu perdu, hésitant, et embrumé, il m’a paru intéressant d’exposer ici le problème dans sa complexité.

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