En ce moment je n’écris et pas et je crois que c’est plutôt bon signe. Surtout pour vous.
J’évite les niaiseries ordinaires du type “j’ai un soleil dans ma tête”, déjà parce que c’est complètement con, et ensuite parce que j’ai horreur de la discrimination météorologique. D’ailleurs, je voue généralement une haine sans nom au premier crétin qui s’interloque sur l’état de fait pluvieux ou (plus rarement) ensoleillé de la journée ; surtout quand c’est pour énoncer des chiffres vides de sens (“- Il fait moins trois aujourd’hui Simone, vous vous rendez compte ? Et dire que demain ils annoncent moins quatre, nous allons tous devenir fous !”). Bref, autant vous le dire tout de suite, je suis un mec vachement porté sur l’amour de mon prochain.
Chaque année pourtant, c’est le même bon vieux cycle qui recommence : Après la pluie et le froid de l’automne et l’hiver, il fait plus doux en janvier, puis à nouveau très froid en février ; en mars tout le monde croit à la douceur du printemps mais avril leur tombe soudainement sur la gueule. Puis arrive juin et là, on s’imaginerait être tranquille ; finie la boue d’automne, le froid d’hiver, et la grêle du printemps. On se dit que tout le monde va enfin fermer sa gueule et profiter du soleil. Mais chaque nouvel été n’est qu’un prétexte pour se plaindre de l’écrasante chaleur.
Message à toutes les unités : GET OVER IT.
Rien à voir, en ce moment je lis un petit essai sur l’ennui, un peu hors cursus (mais chut, n’en dites mot). En dehors des remarques habituelles (l’ennui comme révélation d’une existence inutile, le divertissement comme distraction hors de la pensée de mort, la vie comme un renversement permanent entre souffrance – qui ennuie, et ennui – qui est souffrance ; bref la philosophie comme carburant pour la volonté de se lever le matin), je crois qu’une maigre remarque est à faire, et ce sera le sujet de cet article, parce que j’adore la mise en abîme. La souffrance, le drama, l’occupation dans le désagréable qui nous console d’un ennui existentiel (je passe sur cette idée, elle me parait immédiatement intelligible), tout cela est un excellent moteur pour concentrer son esprit sur des tâches extrêmement précises. Quand quelque chose de désagréable s’impose à notre esprit nous avons un immense avantage que je n’avais jusqu’à présent jamais eu la présence d’esprit de constater (justement) : la focalisation.
Notez cette phrase que les gens sans inspiration ânonnent bêtement aux névrosés du dimanche : “arrête de te focaliser”. La formule est révélatrice. Soudain, le flou parait lumière, le trouble est sain ; et la précision, la netteté se fait mauvaise alliée parce qu’elle a prise sur le problème, le négatif. Bien sûr, c’est en général ici qu’il faut convier des êtres humains au visage familier autour d’une table parsemée de récipients en verre pour tenter de réunir les conditions de possibilité d’un bonheur, fut-il éphémère, auquel se raccrocher comme un tire-fesse de l’âme. Mais en cas d’échec de cette approche, il faut voir la chance dans son malheur : se focaliser sur ses angoisses c’est ignorer tout ce qui est autour (le bon) mais faire une mise au point parfaite sur un objet d’étude (le malheur). C’est donc le moment idéal pour saisir son clavier et dégueuler sa prose immonde sur son weblog : tout est cohérence et convergence autour d’un problème clair et distinct juste comme on les aime (ou Zlavèque Libre : une genèse).
L’inverse, c’est quand vous allez bien et que les projets et idées se précipitent dans vos pensées, sans qu’aucune ne paraisse suffisamment claire ou stable pour justifier un article digne ce nom (et puis vous avez autre chose à foutre hein). J’en veux pour preuve ce que je suis en train d’écrire ici (ou Zlavèque Libre : un paradoxe).
Bref, j’avais prévu de développer un peu sur les dangers (et donc les limites) de cette approche un peu grossière qui associe bonheur et ignorance, mais j’ai un peu la flemme… Et puis surtout, la chose n’est pas assez claire dans mon esprit pour être correctement exprimée.
Je profite de cet article horriblement inutile et insipide pour vous informer de mon désarroi quant à mes statistiques. Les articles les plus lus sont ceux à propos de ma partie de Victoria 2. Du coup j’hésite à faire un article de philo ponctué de photos de meufs à poil pour contrebalancer cette insultante tendance. HOT or NOT ?
Mots-clefs : beau temps, bonheur, brouillon, ennui, focalisation, météo