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	<title>Zlavèque Libre</title>
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	<description>vie personnelle, philo, économie, politique</description>
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		<title>Tambouille maladroite ; le but était d&#8217;écrire</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 13:40:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
				<category><![CDATA[Personnel]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Je crois que j&#8217;ai un problème avec l&#8217;écriture. Je rêve de devenir écrivain depuis mes treize ans et ma première &#8220;publication&#8221; dans un webzine d&#8217;humour stupide systématiquement présent sur le CD qui accompagnait chaque numéro de Joystick. Evidemment, c&#8217;était pas vraiment du Chateaubriand, et, pour avoir encore les textes sur mon disque dur depuis tout [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=372&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je crois que j&#8217;ai un problème avec l&#8217;écriture. Je rêve de devenir écrivain depuis mes treize ans et ma première &#8220;publication&#8221; dans un webzine d&#8217;humour stupide systématiquement présent sur le CD qui accompagnait chaque numéro de <em>Joystick</em>. Evidemment, c&#8217;était pas vraiment du Chateaubriand, et, pour avoir encore les textes sur mon disque dur depuis tout ce temps, on peut même dire que c&#8217;était carrément de la merde. Mais ici est le problème. Des idées d&#8217;écriture, j&#8217;en ai plein. Comme tout le monde, je m&#8217;imagine des choses, et, comme tout le monde, avant de dormir, mon imagination s&#8217;emballe de sorte que je me retrouve avec plein de &#8220;super idées&#8221; qu&#8217;il &#8220;faudra absolument que j&#8217;écrive plus tard&#8221;, puis je dors et j&#8217;oublie. J&#8217;aimerais écrire du post-apo, j&#8217;aimerais coucher sur le papier toute la violence qui m&#8217;habite, j&#8217;aimerais parler de moi, mais je bloque. Pourquoi ? Parce que je ne me sens jamais vraiment prêt. Tout se passe comme si, dès la première ligne, tout devait être parfait. Comprenez : je ne veux pas simplement écrire un livre, je veux écrire un chef-d&#8217;oeuvre. Je veux qu&#8217;on m&#8217;offre le prix Renaudot. Je veux qu&#8217;on me considère pour la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres, pour la refuser en expliquant que l&#8217;Etat n&#8217;a pas a se faire le garant de la culture en distribuant des bons points. Je veux casser les couilles à l’establishment, fumer des gros joints à la télé et me battre contre le système, avec les cheveux mi-longs et une barbe de trois jours bien calculée. Non, c&#8217;est pas beau, mais c&#8217;est comme ça. Et qu&#8217;importe ce qu&#8217;on veuille bien dire à tout le monde, on a un peu tous envie de ça au fond de nous, je crois.</p>
<p><span id="more-372"></span><br />
Mais voilà, j&#8217;ai vingt-quatre ans, et plus j&#8217;existe, plus mes possibilités d&#8217;être se restreignent. A dix-sept ans, tout est possible (bien que tout soit angoissant et paralysant et qu&#8217;il soit impossible de prendre une bonne décision, je m&#8217;en souviens bien). A mesure que l&#8217;on comprend ce à quoi on aspire, les limites se font sentir. Je n&#8217;ai jamais eu un dossier béton, une scolarité exceptionnelle ; je n&#8217;ai pas fait de classe prépa, j&#8217;ai merdé ma licence d&#8217;Histoire en abandonnant lâchement parce que boire et faire la fête à Paris ou à Toulouse c&#8217;était quand même plus marrant, et  je suis désormais un étudiant de philosophie sérieux, mais moyen. J&#8217;aimerais passer mes journées à lire du Kant et à boire ses paroles, mais je joue aux jeux-vidéos parce que, merde, Battlefield 3 quoi. Chaque fois que je m&#8217;imagine en philosophe ou en écrivain, je suis renvoyé à ma propre flemme, à l&#8217;ennui profond de devoir travailler. Parce ce à quoi j&#8217;aspire demande tellement de travail (honnête ou non, d&#8217;ailleurs), que ça me gonfle. Mon propos est un peu confus mais pour une fois j&#8217;ai décidé de m&#8217;en branler. Parce que depuis plusieurs mois, je commence un article, j&#8217;écris une bonne demi-heure, et j&#8217;efface tout parce que &#8220;c&#8217;est de la merde&#8221;. J&#8217;ai envie de dire <em>fuck dis shit</em>. Non, cet article n&#8217;est pas beau. Il n&#8217;est pas bien écrit. Il ne vaut rien. Il est perdu &#8220;sur la toile&#8221;. Je ne vais pas affirmer des choses d&#8217;un ton péremptoire en imaginant que j&#8217;écris le dernier essai politique à la mode, façon &#8220;blog d&#8217;opinion&#8221;. Tout ceci me brise sérieusement les couilles parce que l&#8217;énergie que je consacre à me critiquer, je la perds à &#8220;faire&#8221;, et plus je prends de l&#8217;âge, moins mes rêves me semblent possibles. C&#8217;est bien entendu une erreur.</p>
<p>Heidegger me paraît avoir raison lorsqu&#8217;il parle de l&#8217;être-pour-la-mort qui ouvre les possibilités du <em>Dasein</em>. A dix-sept ans, on peut tout faire, mais on ne fait rien. Parce qu&#8217;on a le temps, la jeunesse, l&#8217;avenir pour nous ; tout ce qu&#8217;on aimerait être est transporté dans le <em>plus tard</em>, une vie <em>adulte</em>, qualitativement différente de ce qu&#8217;on l&#8217;on est ici, maintenant. Mais plus le temps passe, plus la mort se fait présente, plus on constate avec effroi que le temps du <em>plus tard</em> est un temps du <em>jamais</em>, parce qu&#8217;il repose sur la croyance étrange qu&#8217;un adulte est un être fini et que nous sommes pour l&#8217;instant encore en train de mûrir, de nous perfectionner. Or l&#8217;angoisse, la tristesse, le stress &#8211; toutes ces choses dont l&#8217;ado ou post-ado souffrait sans le ressentir pleinement faute de pouvoir se le représenter avec exactitude (puisqu&#8217;il peut encore avoir l&#8217;illusion qu&#8217;il peut théoriquement s&#8217;en libérer &#8211; &#8220;ah si seulement je n&#8217;étais pas obligé d&#8217;aller en cours&#8221;, &#8220;ah si j&#8217;habitais seul je ferai ci ou ça&#8221;, etc), désormais, se ressentent avec une plus grande violence. <em>It&#8217;s real, bitches.</em> Plus de recours. Des questions qui ont une multitude de réponses toutes aussi insatisfaisantes les unes que les autres, sans pouvoir se dire &#8220;ah, si seulement j&#8217;étais livré à moi-même, tout irait bien mieux&#8221;. Idem, l&#8217;horizon amoureux, si ouvert lorsqu&#8217;on est plus jeune (puisqu&#8217;il y a après tout de sacrées chances que toutes les meufs de ma vie restent encore à chopper jusqu&#8217;à que je trouve celle dont je tomberai follement amoureux et avec qui j&#8217;aurai des enfants), se rétrécit : on se rend compte que chopper des meufs à tout va ce n&#8217;est pas si amusant, que c&#8217;est essentiellement une pulsion obsédante, et qu&#8217;aimer quelqu&#8217;un ne signifie pas nager dans un bonheur sentimental ponctué de crises rigolotes qui ne servent qu&#8217;à mieux se retrouver dans les bras l&#8217;un de l&#8217;autre, plus forts que jamais. Non, c&#8217;est bien entendu satisfaisant (sinon, à quoi bon ?), mais ça demande ici aussi beaucoup de travail. Notamment comprendre que le &#8220;partenaire parfait&#8221; dont on s&#8217;est progressivement forgé l&#8217;idée n&#8217;est bien que littéralement ceci, une fiction idéale, à laquelle la réalité résiste en permanence ; fiction à laquelle participe tout autant la fiction du récit de soi, forgée par les représentations erronées que l&#8217;on se fait des vies des autres qui nous ont précédés (généralement, famille, famille des amis, télé, littérature, et j&#8217;en passe). Plus on prend de l&#8217;âge, donc, plus on perçoit l&#8217;exercice de l&#8217;existence comme un cheminement sans fin, chaque &#8220;progrès&#8221; de soi n&#8217;étant perçu comme tel qu&#8217;en empruntant ce qu&#8217;on estime être le regard de celui qu&#8217;on était. Mais dans le présent, rien n&#8217;a changé : nous ne sommes toujours pas prêts, parce que toutes ces choses que nous ressentions avant, pour lesquelles nous pensions un jour avoir sinon un terme au moins une réponse, se révèlent plus violentes et pesantes que jamais.</p>
<p>La mort et tout ce qu&#8217;elle implique (angoisse, etc) se fait plus présente, et l&#8217;énergie de faire plus pressante. L&#8217;erreur consiste alors à croire qu&#8217;<em>un jour</em>, dans un futur <em>autre</em>, nous serons enfin prêts. Prêts à réaliser nos rêves, à affronter l&#8217;existence avec un sourire, serein, de celui qui est fier des <em>réponses</em> qu&#8217;il a apporté à ses <em>problèmes</em>. Mais l&#8217;existence est l&#8217;épreuve d&#8217;une angoisse de la possibilité permanente de sa propre fin brutale, et la sérénité ne pourra jamais être conçue comme une libération de ce fait. Exister, c&#8217;est être angoissé, parce que nous ne sommes jamais prêts. L&#8217;expérience ne prépare qu&#8217;à ce qui est déjà passé. Il n&#8217;y aura jamais de réponses. Reste, alors, à faire, malgré tout. Plus on comprend la mort comme l&#8217;horizon de toute existence, plus il est aisé de faire.</p>
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		<title>habitus</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Mar 2011 22:47:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai presque toujours écrit, je n&#8217;ai jamais su écrire. On me dit que j&#8217;écris bien mais je ne vois que des erreurs, des approximations, de jolis mots absents et des tâches noires qui ne sont que des formes imparfaites, là où devrait couler une encre limpide. Reste le terrible fracas mental des possibles qui s&#8217;entrechoquent. Je me souviens avoir écrit, jamais sans plaisir, toujours sans talent. Quelque fois, une âme égarée me souffle que j&#8217;ai <em>quelque chose. </em>Mais je ne vois <em>rien</em> qui est, simplement ce qui ne vient pas. Tous ces morts-nés qui crient silencieusement. J&#8217;écris depuis mes treize ans, mais la machine à écrire orange fluo de mon enfance doit bien y être pour quelque chose. Impossible pour autant de déterminer le point à partir duquel j&#8217;écrirai vraiment. On me dit capable, je m&#8217;accroche de toutes mes forces à cette pensée. Les mêmes forces qui m&#8217;abandonnent lorsque je dois me mettre en mouvement, dans le récit, comme si je versais des mots précipités dans un entonnoir et que rien ne sortait. Ecrire est une vilaine habitude que j&#8217;ai prise il y a bien trop longtemps pour que je puisse m&#8217;en défaire. Mais comme toutes les habitudes, elle reste vilaine, moche, régulière, quoiqu&#8217;accidentée. Il se trouve toujours un médecin pour flatter quelque comportement, là où il n&#8217;y a que sinistre répétition. J&#8217;aimerais faire ce qui est bon, je ne vois que le reste. La multitude crie :</p>
<p>Il y a tant de façons illusoires de dire une chose unique et singulière qui n&#8217;accepte pourtant qu&#8217;une seule formulation. Aucune de celles que j&#8217;emploie ne me satisfait.</p>
<p>Quelle serait la première étape ? Prendre une habitude d&#8217;écriture, ou perdre les miennes ? Je vois, l&#8217;habitude d&#8217;écriture n&#8217;est pas habitudes d&#8217;écritures. Tout se confond, se corrige. Même la répétition a quelque chose de nouveau. Elle gonfle de ses précédents comme une boule de neige. Dans le premier paragraphe, j&#8217;ai voulu exprimer quatre fois la même idée avec des mots différents, et j&#8217;ai pourtant, en lisant la fin, eu le sentiment d&#8217;une progression.</p>
<p>Ma mère est morte. L&#8217;homme est né libre, et partout il est dans les fers. Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée. C&#8217;est là toute l&#8217;étendue de ma culture de l&#8217;incipit. Imaginez la pression. Et si mes premiers mots étaient les plus importants ; et s&#8217;ils étaient ratés ? Et si j&#8217;avais déjà écrit mes premiers mots, et que tout le reste n&#8217;était que la répétition compulsive de toutes mes tentatives adolescentes, juste gonflées de quelque fioriture littéraire et autres expériences diverses, qui me permettent de donner plus de précision à cette création continuée ?</p>
<br />Classé dans:<a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/personnel/'>Personnel</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/zlavequelibre.wordpress.com/361/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/zlavequelibre.wordpress.com/361/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/zlavequelibre.wordpress.com/361/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/zlavequelibre.wordpress.com/361/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/zlavequelibre.wordpress.com/361/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/zlavequelibre.wordpress.com/361/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/zlavequelibre.wordpress.com/361/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/zlavequelibre.wordpress.com/361/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/zlavequelibre.wordpress.com/361/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/zlavequelibre.wordpress.com/361/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/zlavequelibre.wordpress.com/361/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/zlavequelibre.wordpress.com/361/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/zlavequelibre.wordpress.com/361/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/zlavequelibre.wordpress.com/361/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=361&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>First it giveth</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Feb 2011 22:49:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Toulouse a toujours été mon point faible. J&#8217;ai quitté cette ville à dix-sept ans, sans jamais vraiment m&#8217;en défaire, puisque c&#8217;est bien au contraire toute mon identité qui s&#8217;est révélée dans le triste contraste bordelais. A la morne pierre blanche bordelaise hantée par des figures sans vie, j&#8217;ai toujours préféré la brique vivante et la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=355&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Toulouse a toujours été mon point faible. J&#8217;ai quitté cette ville à dix-sept ans, sans jamais vraiment m&#8217;en défaire, puisque c&#8217;est bien au contraire toute mon identité qui s&#8217;est révélée dans le triste contraste bordelais. A la morne pierre blanche bordelaise hantée par des figures sans vie, j&#8217;ai toujours préféré la brique vivante et la convivialité permanente qui anime Toulouse, et chaque fois que je choisis de quitter les rails de l&#8217;ennui bordelais propices à mon épanouissement étudiant (puisque Bordeaux est tellement ennuyeuse qu&#8217;il est presque toujours plus tentant d&#8217;y travailler), c&#8217;est pour me diriger soit vers Paris, ville écrasante, bruyante, étouffante, mais totalement énergique et sans-cesse surprenante ; soit vers la ville de mon âme, Toulouse, dont l&#8217;attente est une parousie sans cesse satisfaite puis renouvelée.</p>
<p><span id="more-355"></span></p>
<p>Retourner à Toulouse c&#8217;est donner à nouveau couleur et vie à une photo ternie, ou boire directement la vodka à sa source pour s&#8217;enivrer de toutes sensations désordonnées, libérées de leurs intentions, pour n&#8217;en garder que l&#8217;intensité vivace, la prise tenace, un tentacule molletonné de plaisirs et de douleur, un roman dramatique sans temps mort ; une aventure. J&#8217;aimerais pouvoir vous exprimer tout ce qui fait de Toulouse cet indicible plaisir chantant, mais il est impossible de saisir ce qu&#8217;est la lumière pour qui a toujours vécu dans l&#8217;obscurité. Tout voyage est la recherche désespérée de ce qui se trouve à 2h15 de la gare de Bordeaux, dans la chaleur d&#8217;une ville rouge comme un coeur organique qui battrait la vie de toutes ses veines.</p>
<p>Partir de Toulouse, c&#8217;est quitter la vie dans une lente agonie, un train lancé à toute vitesse qui tire un cordon, roule sur un encéphalogramme, transperce un organe fragile. Tout ce que la ville donne, le train me reprend, dans un roulement raide et rapide, un son soudain assourdi ; puis le silence. Un calme plat, un nouvel ennui, et le retour d&#8217;une attente. J&#8217;aimerais pouvoir parler de tout ce que Toulouse ma donné puis repris, mais ce vide est une douleur, un défaut, un manque, une absence ; une béance qui me prive de mon âme autant que du sens des mots. Reste le rêve d&#8217;un retour dans un râle béat, soulagé de la revoir.</p>
<p>Et puis merde, je suis émocore pour Toulouse, je pleure pour elle toutes mes larmes de sang. Quand je suis loin d&#8217;elle Toulouse est mon skyblog, ma grosse cerne, ma mèche noire, Bordeaux mon dragon et la plume romantique mon épée. Je veux m&#8217;unir dans une union sacrée avec la ville et retourner avec elle au néant dans un suicide symbolique. Mes études crient pour que je range ma chambre ; je dis qu&#8217;elles sont trop connes préfère rêvasser en rêvant de me tirer.</p>
<p>Lundi j&#8217;aurai fini ma petite crise, prêt à rentrer dans le rang jusqu&#8217;à mon prochain voyage.</p>
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		<title>Maladresses</title>
		<link>http://zlavequelibre.wordpress.com/2011/02/16/maladresses/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Feb 2011 18:52:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je me souviens de façon vive de cette expression que ma mère employait lorsque, petit, j&#8217;enchaînais les conneries de façon un peu trop soutenue : &#8220;tu as le diable au corps ou quoi ?&#8221;. Effroi dans ma jeune tête de catholique ; j&#8217;ai bouché la baignoire, serais-je possédé ? Rien de plus violent pour moi [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=345&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me souviens de façon vive de cette expression que ma mère employait lorsque, petit, j&#8217;enchaînais les conneries de façon un peu trop soutenue : &#8220;tu as le <em>diable au corps</em> ou quoi ?&#8221;. Effroi dans ma jeune tête de catholique ; j&#8217;ai bouché la baignoire, serais-je possédé ? Rien de plus violent pour moi que cette innocente expression. Je me souviens de m&#8217;être alors mis en tête que mes actions m&#8217;échappaient, qu&#8217;en dépit de ma volonté, j&#8217;étais comme condamné à échouer, à <em>faire le mal</em>, sans le vouloir. Profond sentiment d&#8217;injustice. Et puis, chemin faisant, la frayeur ne s&#8217;est pas dissipée. Bientôt j&#8217;imaginais avoir autour de moi comme une sorte de coque, de couche organique rosâtre, qui ne voulait pas me lâcher, et qui de toutes mes actions, s’évertuait à faire naître l&#8217;échec, le manque, la douleur, le mal ; bref que j&#8217;étais comme condamné à être jugé par un autre, fût-il Dieu ou ma mère, comme coupable.</p>
<p>Depuis quelques jours je pense à écrire ici sur deux sujets bien distincts, quoique tous très personnels : le premier graviterait autour de ma relation face à la religion dans laquelle j&#8217;ai été élevé (catholicisme), qui structure encore beaucoup, je m&#8217;en rend compte, ma conception de la justice, mes notions de bien et de mal, et ma vie de quotidienne en général. Le but, si vous me permettez la truelle freudienne, étant de chercher à refonder en athéisme mes préceptes moraux, et de tuer le père (Dieu), pour<del> niquer ta mère </del> épouser la mère (la philosophie). Le second consisterait à parler de cette médiocrité dont je pense qu&#8217;elle m&#8217;habite jusqu&#8217;à suinter de mes pores. Je me rends compte que ces deux aspects sont en réalité liés.</p>
<p><span id="more-345"></span></p>
<p>Si j&#8217;ai parlé de ce <em>diable au corps</em> ce n&#8217;est naturellement pas par hasard. Il y a je crois ici comme une genèse, qui prit sont envol au collège, lorsque ma grosse tête de con toute boutonneuse gesticulait bruyamment en sortant des blagues ; cet objet mobile à très grande vitesse dût se heurter avec force contre le mur en béton armé des relations à cet autrui si cruel et froid qu&#8217;est le collégien moyen. L&#8217;autocensure, l&#8217;austérité, le pince-sans-rire devait naître. L&#8217;enfermement en soi, la protection dans l&#8217;indifférence et la solitude. J&#8217;exagère à peine.</p>
<p>Depuis cette coupure, mon existence tend à vouloir rejoindre l&#8217;<em>autre</em> devenu inaccessible. Les rapports humains ne sont pas mon fort ; tantôt à l&#8217;aise tantôt bougon, suivant tel contexte ou tel autre : le coup dans le nez comme inhibiteur, le <em>bonjour</em> qui reste bloqué dans la gorge depuis un an et demi à la fac quand vient le moment de saluer mes camarades, les habitudes rigides et les rituels machinaux pour tenter de contrevenir au sentiment de malaise permanent qui m&#8217;habite lorsque je dois sortir de chez moi pour me frotter à l&#8217;autre. Viol perceptif permanent de mon intimité, l&#8217;autre est avant tout un animal curieux que j&#8217;observe enfermé en moi, comme si ma conscience distraite tentait de temps à autre un regard timide à travers mes yeux paniqués.</p>
<p>Et puis il y a ces avancées, ces tentatives, ces moments où je me dis &#8220;parle&#8221; et ou je fais, un peu étranger, ce premier pas. Car depuis quelques jours ma plus fidèle camarade, celle qui passait ses cours à mes côtés sur cette moitié de licence, a abandonné brutalement, et avec elle, c&#8217;est une barrière à l&#8217;autre qui s&#8217;est abattue. Je suis désormais tout seul au premier rang, vide, mais ouvert, poussé à aller vers les autres, dans cette classe qui rétrécit sur elle-même et qui apprend à se connaître.</p>
<p>Et puis inévitablement, je constate. Je me sens maladroit, un sentiment de ne rien avoir à dire, de ne pas être drôle, de ne pas être intéressant. J&#8217;approche l&#8217;autre avec un bâton comme un petit enfant devant un animal mort. Je suis cet élève médiocre qui aspire à l&#8217;excellence et se débat sans relâche avec les lourdes tares de mon être de chair et d&#8217;esprit. Dans ma solitude affichée je savais rester fort, intervenir en cours, rentrer comme une fusée chez moi, pas de bonjour, pas de contact si ce n&#8217;est avec ma seule camarade, bref, pas de risque. Depuis cette année et surtout depuis quelques semaines voire quelques jours, tout s&#8217;accélère, je suis comme &#8220;engagé&#8221; et je manœuvre dans tous les sens sans savoir exactement dans quelle direction je souhaite aller. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;enchaîner les conneries, comme lorsque j&#8217;avais quelques années, et d&#8217;avoir ce <em>diable au corps</em> : derrière ces chocs constants, le constat d&#8217;échec. Pénible marche lourde empêtré dans les grands sabots de ce matériel maladroit.</p>
<br />Classé dans:<a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/personnel/'>Personnel</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/zlavequelibre.wordpress.com/345/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/zlavequelibre.wordpress.com/345/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/zlavequelibre.wordpress.com/345/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/zlavequelibre.wordpress.com/345/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/zlavequelibre.wordpress.com/345/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/zlavequelibre.wordpress.com/345/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/zlavequelibre.wordpress.com/345/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/zlavequelibre.wordpress.com/345/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/zlavequelibre.wordpress.com/345/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/zlavequelibre.wordpress.com/345/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/zlavequelibre.wordpress.com/345/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/zlavequelibre.wordpress.com/345/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/zlavequelibre.wordpress.com/345/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/zlavequelibre.wordpress.com/345/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=345&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Un article qui ne va nulle part et qui en parle</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Jan 2011 21:26:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
				<category><![CDATA[Personnel]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[beau temps]]></category>
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		<description><![CDATA[En ce moment je n&#8217;écris et pas et je crois que c&#8217;est plutôt bon signe. Surtout pour vous. J&#8217;évite les niaiseries ordinaires du type &#8220;j&#8217;ai un soleil dans ma tête&#8221;, déjà parce que c&#8217;est complètement con, et ensuite parce que j&#8217;ai horreur de la discrimination météorologique. D&#8217;ailleurs, je voue généralement une haine sans nom au [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=336&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">En ce moment je n&#8217;écris et pas et je crois que c&#8217;est plutôt bon signe. Surtout pour vous.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-336"></span></p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;évite les niaiseries ordinaires du type &#8220;j&#8217;ai un soleil dans ma tête&#8221;, déjà parce que c&#8217;est complètement con, et ensuite parce que j&#8217;ai horreur de la discrimination météorologique. D&#8217;ailleurs, je voue généralement une haine sans nom au premier crétin qui s&#8217;interloque sur l&#8217;état de fait pluvieux ou (plus rarement) ensoleillé de la journée ; surtout quand c&#8217;est pour énoncer des chiffres vides de sens (&#8220;- Il fait moins trois aujourd&#8217;hui Simone, vous vous rendez compte ? Et dire que demain ils annoncent moins quatre, nous allons tous devenir fous !&#8221;). Bref, autant vous le dire tout de suite, je suis un mec vachement porté sur l&#8217;amour de mon prochain.</p>
<p style="text-align:justify;">Chaque année pourtant, c&#8217;est le même bon vieux cycle qui recommence : Après la pluie et le froid de l&#8217;automne et l&#8217;hiver, il fait plus doux en janvier, puis à nouveau très froid en février ; en mars tout le monde croit à la douceur du printemps mais avril leur tombe soudainement sur la gueule. Puis arrive juin et là, on s&#8217;imaginerait être tranquille ; finie la boue d&#8217;automne, le froid d&#8217;hiver, et la grêle du printemps. On se dit que tout le monde va enfin fermer sa gueule et profiter du soleil. Mais chaque nouvel été n&#8217;est qu&#8217;un prétexte pour se plaindre de l&#8217;écrasante chaleur.</p>
<p style="text-align:justify;">Message à toutes les unités : GET OVER IT.</p>
<p style="text-align:justify;">Rien à voir, en ce moment je lis un petit essai sur l&#8217;ennui, un peu hors cursus (mais chut, n&#8217;en dites mot). En dehors des remarques habituelles (l&#8217;ennui comme révélation d&#8217;une existence inutile, le divertissement comme distraction hors de la pensée de mort, la vie comme un renversement permanent entre souffrance &#8211; qui ennuie, et ennui &#8211; qui est souffrance ; bref la philosophie comme carburant pour la volonté de se lever le matin), je crois qu&#8217;une maigre remarque est à faire, et ce sera le sujet de cet article, parce que j&#8217;adore la mise en abîme. La souffrance, le drama, l&#8217;occupation dans le désagréable qui nous console d&#8217;un ennui existentiel (je passe sur cette idée, elle me parait immédiatement intelligible), tout cela est un excellent moteur pour concentrer son esprit sur des tâches extrêmement précises. Quand quelque chose de désagréable s&#8217;impose à notre esprit nous avons un immense avantage que je n&#8217;avais jusqu&#8217;à présent jamais eu la présence d&#8217;esprit de constater (justement) : la focalisation.</p>
<p style="text-align:justify;">Notez cette phrase que les gens sans inspiration ânonnent bêtement aux névrosés du dimanche : &#8220;arrête de te focaliser&#8221;. La formule est révélatrice. Soudain, le flou parait lumière, le trouble est sain ; et la précision, la netteté se fait mauvaise alliée parce qu&#8217;elle a prise sur le problème, le négatif. Bien sûr, c&#8217;est en général ici qu&#8217;il faut convier des êtres humains au visage familier autour d&#8217;une table parsemée de récipients en verre pour tenter de réunir les conditions de possibilité d&#8217;un bonheur, fut-il éphémère, auquel se raccrocher comme un tire-fesse de l&#8217;âme. Mais en cas d&#8217;échec de cette approche, il faut voir la chance dans son malheur : se focaliser sur ses angoisses c&#8217;est ignorer tout ce qui est autour (le bon) mais faire une mise au point parfaite sur un objet d&#8217;étude (le malheur). C&#8217;est donc le moment idéal pour saisir son clavier et dégueuler sa prose immonde sur son weblog : tout est cohérence et convergence autour d&#8217;un problème clair et distinct juste comme on les aime (ou <em>Zlavèque Libre : une genèse</em>).</p>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;inverse, c&#8217;est quand vous allez bien et que les projets et idées se précipitent dans vos pensées, sans qu&#8217;aucune ne paraisse suffisamment claire ou stable pour justifier un article digne ce nom (et puis vous avez autre chose à foutre hein). J&#8217;en veux pour preuve ce que je suis en train d&#8217;écrire ici (ou <em>Zlavèque Libre : un paradoxe</em>).</p>
<p style="text-align:justify;">Bref, j&#8217;avais prévu de développer un peu sur les dangers (et donc les limites) de cette approche un peu grossière qui associe bonheur et ignorance, mais j&#8217;ai un peu la flemme&#8230; Et puis surtout, la chose n&#8217;est pas assez claire dans mon esprit pour être correctement exprimée.</p>
<p style="text-align:justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align:justify;">Je profite de cet article horriblement inutile et insipide pour vous informer de mon désarroi quant à mes statistiques. Les articles les plus lus sont ceux à propos de ma partie de Victoria 2. Du coup j&#8217;hésite à faire un article de philo ponctué de photos de meufs à poil pour contrebalancer cette insultante tendance. HOT or NOT ?</p>
<br />Classé dans:<a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/personnel/'>Personnel</a>, <a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/philosophie/'>Philosophie</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/zlavequelibre.wordpress.com/336/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/zlavequelibre.wordpress.com/336/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/zlavequelibre.wordpress.com/336/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/zlavequelibre.wordpress.com/336/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/zlavequelibre.wordpress.com/336/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/zlavequelibre.wordpress.com/336/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/zlavequelibre.wordpress.com/336/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/zlavequelibre.wordpress.com/336/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/zlavequelibre.wordpress.com/336/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/zlavequelibre.wordpress.com/336/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/zlavequelibre.wordpress.com/336/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/zlavequelibre.wordpress.com/336/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/zlavequelibre.wordpress.com/336/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/zlavequelibre.wordpress.com/336/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=336&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;art de s&#8217;accommoder ses vices</title>
		<link>http://zlavequelibre.wordpress.com/2010/12/28/de-lart-de-saccommoder-ses-vices/</link>
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		<pubDate>Tue, 28 Dec 2010 16:28:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
				<category><![CDATA[Personnel]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[éthique]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai été éduqué dans le catholicisme. Je suis allé au catéchisme à peu près de mes 8 ans à mes 14 ans, ai été enfant de choeur pendant quatre ans, et je dois avouer que jusqu&#8217;à quelques semaines, je considérais encore cette éducation comme une sorte de chance : certaines valeurs sont codées en moi [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=328&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai été éduqué dans le catholicisme. Je suis allé au catéchisme à peu près de mes 8 ans à mes 14 ans, ai été enfant de choeur pendant quatre ans, et je dois avouer que jusqu&#8217;à quelques semaines, je considérais encore cette éducation comme une sorte de chance : certaines valeurs sont codées en moi en dur, pour prendre un vocabulaire informatique. Malgré toutes mes tentatives de débauche je considérais ce lourd héritage éducatif comme un carcan duquel je ne pourrais jamais totalement m&#8217;affranchir. Mon éducation m&#8217;a donné des bornes inamovibles qui m&#8217;ont donné une notion claire des lignes à ne pas franchir ; ma conscience trouvant toujours un chemin tordu pour venir me rappeler que ce que je fais est parfois<em> mal</em>, jusqu&#8217;à m&#8217;en rendre psychologiquement malade. Quel sentiment humain est en effet plus fort que la culpabilité ? Elle transcende toutes les autres valeurs pour venir les chapeauter. Elle est phare éternel sur la côte de la pensée, le signal fort d&#8217;un port d&#8217;attache, le symbole de la terre ferme qu&#8217;on peut chercher à rejoindre pour trouver la quiétude et la fermeté solide d&#8217;un sentiment de sécurité. Mais elle est aussi ce tuteur cruel qui vous juge du lointain quelque soit votre position géographique sur le vaste territoire de vos errances de jeunesse, cette piqûre de rappel si douloureuse qui vient lanciner de temps à autres lorsque le retour réflexif nécessaire sur vos actions se fait automatique et nécessaire. Elle brille d&#8217;une clarté qui n&#8217;est jamais aveuglante mais toujours présente dans un coin de votre champ de vision philosophique.</p>
<p>Dès lors, mener une véritable existence libre et responsable devient un peu délicat, lorsqu&#8217;après une nuit sous coke à Prague le fier phare de la morale vient vous juger du haut de votre jeunesse droite. <em>Mathieu, qu&#8217;es-tu devenu ?</em> Semble-t-elle me crier, d&#8217;un son étouffé par les sacs et resacs des vagues de nausée. Mes troubles obsessionnels compulsifs la connaissent bien, ils pourraient vous en parler.</p>
<p><span id="more-328"></span></p>
<p>Alors pour vivre une existence pleine et entière comme seule la débauche permanente et socialement encouragée du XXIème siècle le permet, j&#8217;ai dû trouver quelques compromis. La philosophie de la nuance est celle du bonheur, à mon sens. Se fixer des règles souples mais fermes parait la meilleure solution pour profiter de ce que la vie offre tout en faisant honneur à ses propres convictions ; comme après une orgie on viendrait sacrifier un mouton sur un quelconque autel de la morale. Tout est finesse, dans l&#8217;art de s’accommoder de ses vices, car le glissement vers l&#8217;hypocrisie gloutone et maladive n&#8217;est jamais très loin dans l&#8217;horizon de la pensée.</p>
<p>Récemment, j&#8217;ai trouvé un moyen qui me semble juste de gérer ces angoisses existencielles : il s&#8217;agit avant tout d&#8217;opérer un roulement. J&#8217;avais lu il y a bien longtemps le blog d&#8217;un crash gateur parisien qui tâchait de goûter aux joies de la vie mondaine sans virer alcoolique une petite astuce qui lui était personnelle. Son truc, c&#8217;était les poupées russes de la morale : passer au moins un jour de la semaine sans boire, une semaine dans le mois, un mois dans l&#8217;année, une année par décennie. Je trouve l&#8217;approche séduisante mais pas satisfaisante. Je pense qu&#8217;elle passe à côté de l&#8217;essentiel : les vices fonctionnent comme un système complexe, chacun d&#8217;entre eux venant compenser un autre. Comme celui qui arrête de fumer s&#8217;autorise d&#8217;outremanger <em>for the greater good</em> le temps de parvenir à l&#8217;indépendance. De là, j&#8217;ai pu constituer mes propres règles personnelles, avec une sorte de tableau des vices à plusieurs entrées :</p>
<p>- La flemme de bosser</p>
<p>- Le plaisir de fumer, ou de se droguer</p>
<p>- Le plaisir de manger des saloperies</p>
<p>- Le plaisir d&#8217;être ivre</p>
<p>- Le plaisir de passer son temps à jouer aux jeux vidéos.</p>
<p>Les catégories sont totalement subjectives puisqu&#8217;on pourrait compter l&#8217;alcool comme une drogue. Mais peu importe au final, c&#8217;est ce que j&#8217;ai choisi. L&#8217;astuce, c&#8217;est de s&#8217;assurer qu&#8217;au moins un des vices et drastiquement mis en veilleuse au cours d&#8217;un même journée, en tenant compte du fait que certaines activités sont incompatibles. A savoir qu&#8217;une journée de révisions peut autoriser le plaisir de manger des saloperies mais pas de fumette (qui vient poser des problèmes de concentration, de compréhension, de rétention), une journée de régime protéiné autorise la fumette, la flemme, et les jeux vidéos, mais pas d&#8217;alcool à outrance ; etc, vous avez compris le système. La règle supplémentaire est qu&#8217;une autorisation n&#8217;est pas une obligation.</p>
<p>Je pratique la chose depuis quelques semaines et je dois avouer que pour l&#8217;heure, je suis plutôt satisfait des résultats qu&#8217;elle apporte, chaque vice venant tranquillement contrebalancer une rigueur sans qu&#8217;un véritable manque ou effort se fasse sentir, avec la satisfaction de profiter de la vie sans jamais vraiment sombrer dans la déchéance la plus totale.</p>
<p>Sur ce je retourne finir mon shot d&#8217;absinthe en regardant Californication.</p>
<br />Classé dans:<a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/personnel/'>Personnel</a>, <a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/philosophie/'>Philosophie</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/zlavequelibre.wordpress.com/328/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/zlavequelibre.wordpress.com/328/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/zlavequelibre.wordpress.com/328/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/zlavequelibre.wordpress.com/328/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/zlavequelibre.wordpress.com/328/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/zlavequelibre.wordpress.com/328/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/zlavequelibre.wordpress.com/328/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/zlavequelibre.wordpress.com/328/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/zlavequelibre.wordpress.com/328/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/zlavequelibre.wordpress.com/328/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/zlavequelibre.wordpress.com/328/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/zlavequelibre.wordpress.com/328/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/zlavequelibre.wordpress.com/328/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/zlavequelibre.wordpress.com/328/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=328&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Ne jamais s&#8217;interdire de réfléchir</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 14:59:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
				<category><![CDATA[Personnel]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me demande souvent quel sera l&#8217;héritage philosophique que je souhaite laisser à mes enfants et petits-enfants au moment de ma mort. Quels principes seraient capables de résumer de façon claire et évidente les grandes directions, les règles à suivre pour fixer les siennes, vivre libre, et s&#8217;épanouir pleinement ? Car il est de ces règles qui permettent la rébellion, de ces chaînes qui libèrent, comme l&#8217;Etat de droit contraint chacun à respecter les droits de l&#8217;autre contre l&#8217;Etat tyrannique où le despote, libre de tout, est esclave de ses propres passions. Les grandes règles qui libèrent, celles qui me semblent justes et par lesquelles il me semble que toute l&#8217;existence prend son sens, ce sont elles que je souhaite identifier d&#8217;abord pour moi, et ensuite et surtout pour ma descendance (sans me faire illusion sur leur respect, je ne suis pas naïf, mais le dosage parfait entre l&#8217;injonction et l&#8217;invitation cordiale suivie par des êtres de bonne volonté est une autre question).</p>
<p>J&#8217;hésite sur beaucoup de petites phrases courtes qui agiraient comme des maximes à suivre et dont le point final serait comme une invitation au paradoxe, si fertile en terme de progression intellectuelle, en remettant en question les règles par une règle finale, qui les renverseraient sur elles-mêmes. Mais si j&#8217;ai encore du mal à ficeler le tout, une maxime, la première, me parait la plus certaine :<em> Ne jamais s&#8217;interdire de réfléchir.</em></p>
<p><span id="more-320"></span></p>
<p>J&#8217;aime beaucoup inviter dans les soirées avec du monde des questions certaines de déclencher de vives polémiques. Bien sûr, j&#8217;aime la provocation et choquer, mais il y a aussi derrière ce comportement une vive envie à la fois de me nourrir des opinions des autres (souvent inattendues et surprenantes) et de leur pointer du doigt que rien n&#8217;est aussi évident qu&#8217;ils l&#8217;imaginent, que les problèmes ne sont pas simples et surtout, qu&#8217;on ne les résout qu&#8217;en faisant honneur à leur complexité.</p>
<p>A ce titre, il me parait toujours de bon aloi de signaler que des faux-débats réglés d&#8217;avance sur des questions comme la laïcité, l&#8217;avortement, le port d&#8217;arme, l&#8217;esclavage, ou la contrainte étatique de façon plus générale ne viennent jamais servir ses opinions, quelles qu&#8217;elles soient. Mais il y a toujours des petits canaillous qui s&#8217;offusquent de façon automatique dès qu&#8217;on soulève une question dont la réponse leur semble trop évidente pour qu&#8217;on prenne la peine de se la poser. Grave erreur, profonde, et qui trahit à mon sens quelque chose de plus important. C&#8217;est ce dont j&#8217;aimerais vous entretenir ici.</p>
<p>Car mettons que vous souleviez au cours d&#8217;une soirée les problèmes philosophiques posés (par exemple) par la question de l&#8217;avortement. Quoi de plus évident et acquis dans une soirée entre amis progressistes que le droit d&#8217;avorter ? Osez cependant affirmer que la question n&#8217;est pas simple (c&#8217;est tout), cela suffira à faire lever quelques yeux au ciel, pousser quelques cris, choquer la ménagère, voire carrément vous faire passer pour un intégriste religieux (on vous soupçonnera de travailler en secret pour le pape ou quelque chose du genre). Je passe sur les détails de la question qui ne sont pas mon sujet ici. Rappelons juste rapidement que la grosse question centrale de l&#8217;avortement est, compte-tenu du principe axiomatique que nous admettrons ici que notre corps nous appartient que nous avons le droit d&#8217;utiliser celui-ci comme bon nous semble, de savoir jusqu&#8217;où s&#8217;arrête le droit de la femme enceinte sur son corps et où commence celui du futur enfant sur le sien. Le foetus est-il une chose dont on peut disposer comme bon nous semble ou un être humain à part entière dont la mort volontaire par un autre constituerait un cas de meurtre en bonne et dûe forme ? Voilà la problématique. Sans même y répondre, rien qu&#8217;en posant la question, vous avez normalement déjà foutu la merde dans la soirée. Mais quelle idée d&#8217;inviter des étudiants en philo, aussi.</p>
<p>Bref, à force de soulever ce genre de problématiques (parfois de façon totalement artificielle juste pour mon plaisir, ou bien même de façon plus naturelle quand la politique surgit violemment d&#8217;une bulle de Hoegaerden au son d&#8217;un craquement de chips), j&#8217;ai pu constater qu&#8217;il y avait généralement quelques personnes pour carrément s&#8217;offusquer qu&#8217;on ose se poser la question. Cet article leur est dédié. Je pense que cette attitude trahit une peur profonde : la peur de la réponse qu&#8217;on peut trouver après examen minutieux.</p>
<p>Je pense que beaucoup de personnes ont simplement le sentiment que se poser une question sur un sujet sensible, c&#8217;est prendre le risque de se retrouver à être d&#8217;accord avec le nazisme, la religion, les communistes, ou pire, Nicolas Sarkozy. Je pense que cette peur est stupide. Car il n&#8217;y a jamais rien à perdre à réfléchir. Tout d&#8217;abord, parce penser que ses opinions bien simplistes mais communément admises suffisent à balayer d&#8217;un revers de la main les thèses opposées qui sont bien souvent, parce qu&#8217;elles sont justement à contre-courant, beaucoup plus argumentées et informées, est d&#8217;une naïveté dangereuse. Essayez un jour de vous sortir les doigts du cul et de débattre avec un frontiste pour déconner. Vous allez manger sévère. L&#8217;attitude irréfléchie de l&#8217;opinion communément admise est du pain béni pour les défenseurs des idées les plus abjectes qui n&#8217;ont qu&#8217;à chanter le refrain de la connaissance contre le dogmatisme conformiste pour passer pour les chantres de la rationalité humaine.</p>
<p>D&#8217;autre part, il y a plus important. La peur de <em>ce qu&#8217;on peut trouver</em> lorsqu&#8217;on se pose une question est à mon sens le signe d&#8217;un aveu d&#8217;impuissance face à ses propres outils intellectuels. L&#8217;être humain qui ne se pose plus de questions difficiles n&#8217;a pas seulement baissé les bras face à la civilisation, il a tout bonnement mis en veilleuse ce qui fait son essence. On sort directement le drapeau blanc et on se rend immédiatement sans conditions face à tous les problèmes. On vit une existence simple, lisse, sans nuances, et pire que dans l&#8217;erreur ; car celui qui soutient des thèses qu&#8217;il juge bonnes au point d&#8217;affirmer qu&#8217;aucun débat à leur sujet ne peut avoir lieu sans savoir quelles sont les raisons qui les sous-tendent (si tant est qu&#8217;elles soient générales, je suis bien conscient que tout le monde n&#8217;a pas le temps d&#8217;être Emmanuel Kant et heureusement) vaut encore moins que celui qui les défend avec les mauvaises, puisque l&#8217;un larve et l&#8217;autre se trompe. Et si l&#8217;erreur tout comme la raison est humaine, la larve, elle, est un mollusque.</p>
<p>De plus, il convient d&#8217;insister sur ce point : qu&#8217;avez-vous, amis mollusques, à perdre ? Car si votre réponse est la plus évidemment juste, la meilleure, la bonne, la sacro-sainte Vérité ; que vous coûte-t-il de prendre le risque de vous la poser ? Tout au plus un peu de temps : car toute vérité aussi évidente ne saurait en mettre beaucoup à resurgir par un examen raisonnable. Oh mais serait-ce que vous doutiez ? Auriez-vous peur de vous brûler à la vive flamme de la raison ? Ne seriez-vous donc pas si propre d&#8217;esprit avec vos réponses toutes faites sur ces sujets délicats ? Peur d&#8217;assumer les conséquences de vos raisonnements ? Peur de vous retrouver seul contre tous à défendre ce qui vous semble juste face à ce qui est communément admis ? Dans vos hésitations je ne lis aucune vertu, juste de la lâcheté.</p>
<p>Alors vous qui admettez qu&#8217;il existe des évidences politiques, que certains problèmes souffrent de l&#8217;examen de la raison, ou simplement qu&#8217;identifier des problèmes est en soi quelque chose de stérile ; que vous considériez que remettre en question des <em>acquis sociaux </em>est quelque chose de dramatique, et/ou le signe d&#8217;une volonté réactionnaire d&#8217;un retour à l&#8217;âge barbare ou bien que la loi et la tradition ne doit être suivie qu&#8217;aveuglément sans en questionner la légitimité ; ayez au moins s&#8217;il vous plait le courage de laisser aux autres l&#8217;exercice complet de leur raison, et de garder pour vous votre goût amer de l&#8217;ignorance sans en faire couler la verte bave sur le gros paquet de M&amp;M&#8217;s qui trône au centre de la table philosophique, merci.</p>
<br />Classé dans:<a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/personnel/'>Personnel</a>, <a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/philosophie/'>Philosophie</a>, <a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/politique/'>Politique</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/zlavequelibre.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/zlavequelibre.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/zlavequelibre.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/zlavequelibre.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/zlavequelibre.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/zlavequelibre.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/zlavequelibre.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/zlavequelibre.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/zlavequelibre.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/zlavequelibre.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/zlavequelibre.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/zlavequelibre.wordpress.com/320/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/zlavequelibre.wordpress.com/320/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/zlavequelibre.wordpress.com/320/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=320&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le facteur déterminant (où l&#8217;on tente d&#8217;identifier des problèmes avant de proposer des solutions)</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2010 16:53:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est amusant de constater qu&#8217;un changement tient parfois à une toute petite chose qui prend une importance démesurée vis-à-vis de notre état d&#8217;esprit. Comprenez la chose suivante : l&#8217;unité, le changement, la diversité, l&#8217;identité ce sont des thèmes étroitement liés et incroyablement fertile en philosophie, difficiles à définir ou simplement saisir par la pensée de façon claire. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=297&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est amusant de constater qu&#8217;un changement tient parfois à une toute petite chose qui prend une importance démesurée vis-à-vis de notre état d&#8217;esprit. Comprenez la chose suivante : l&#8217;unité, le changement, la diversité, l&#8217;identité ce sont des thèmes étroitement liés et incroyablement fertile en philosophie, difficiles à définir ou simplement saisir par la pensée de façon claire. La plupart du temps, monsieur tout le monde (qui nous prenons à titre d&#8217;exemple un peu grossier) s&#8217;en fout totalement. Pourquoi quelque chose marche et, la microseconde d&#8217;après, ne marche plus ? Bien sûr, on peut prétexter que tel élément s&#8217;est rompu ou s&#8217;est cassé, ou a effectué tel mouvement causant le dysfonctionnement global de ladite chose, mais on voit que ça ne fait que déplacer le même problème sur un autre élément plus petit. On pourrait alors effectuer le déplacement à l&#8217;infini sans résoudre véritablement quoique ce soit (de conséquence en cause), puisqu&#8217;il resterait toujours un changement déterminant à analyser pour trouver une cause qui elle même ne nous dit pas pourquoi elle a eu lieu (problème de la cause originelle ou de la régression à l&#8217;infini). Ici on voit que la réponse technique n&#8217;est pas satisfaisante (si on est dans le cadre dans raisonnement rigoureux en tous cas, mais si un jour je réchauffe des raviolis avec toi, lecteur, et que le micro-onde tombe en panne, tu pourras m&#8217;expliquer que le micro-onde ne marche plus parce que tel élément s&#8217;est cassé, je dirais ok et mangerai mes raviolis froids sans te briser les burnes, promis).</p>
<p><span id="more-297"></span></p>
<p>Ici, si vous m&#8217;avez suivi, il devrait clairement apparaître qu&#8217;une chose en apparence toute simple et évidente comme votre micro-ondes qui refuse de fonctionner peut être totalement problématique, ce qui n&#8217;est pas sans satisfaire le timide et maladroit étudiant en philosophie que je suis lorsqu&#8217;encore pâteux et éreinté de ma veille alcoolique, je contemple avec bonheur la complexité insaisissable du monde dans lequel nous semblons tous évoluer. Dès lors, puisque l&#8217;explication technique n&#8217;est pas satisfaisante comme nous l&#8217;avons vu juste au-dessus, c&#8217;est généralement le moment de battre en retraite vers des explications toutes aussi stupides : Le micro-ondes ne marche plus car, pensons-nous un peu rapidement, il est trop vieux. Mais alors voilà, c&#8217;est vraiment très con : Le micro-onde était jeune encore un temps infiniment petit plus tôt, et devient soudainement vieux un temps infiniment petit plus tard et c&#8217;est de cette raison dont on se sert pour justifier la panne ? ; c&#8217;est à s&#8217;arracher la tête d&#8217;absurdité.</p>
<p>Bref, qu&#8217;importe ici la solution qu&#8217;on peut donner, ce qui m&#8217;intéresse c&#8217;est le problème. Car vous remarquerez qu&#8217;on peut facilement faire une analogie avec la façon dont nous percevons le changement non pas dans ce qui nous semble extérieur à nous (mon magnifique exemple du micro-ondes), mais dans ce qui nous semble <em>être</em> nous. Et là terrible constat : car les jours s&#8217;enchaînent et se ressemblent les uns aux autres d&#8217;une part, tandis qu&#8217;aucun n&#8217;est évidemment identique au précédent (sur aucun point, puisque de toutes façons les deux jours se passent à des temps différents et que par conséquent ce que vous faites ou vivez et qui semble être identique dans l&#8217;espace &#8211; marcher à tel endroit par exemple &#8211; est complètement différent dans le temps) de l&#8217;autre.</p>
<p>Dès lors, est-ce que quelqu&#8217;un pourrait m&#8217;expliquer les critères qui nous permettent (temporellement<em> avant la prise de conscience</em> du changement par notre esprit, donc, puisque je m&#8217;intéresse aux mécanismes internes, pas à ce qu&#8217;on peut essayer de bricoler rationnellement pour s&#8217;expliquer que hier ça allait bien et aujourd&#8217;hui mal) de distinguer ce qui change et dont on se fout totalement, de ce qui change et qui est estimé par notre esprit comme important au point que ça nous oblige à reconnaître un changement, ce constat qui nous apparaît évident (&#8220;j&#8217;ai changé&#8221;) ; distinguer ce qui se passe sans cesse sans que nous le tenions pour particulièrement déterminant (car nous changeons sans cesse, Héraclite, &#8220;le même homme ne se baigne jamais dans le même fleuve&#8221;, tout ça), un changement banal qui nous change banalement, de ce qui nous rend heureux ou triste, nous fait aborder la vie d&#8217;une façon totalement différente, ce changement important qui nous change de façon importante ? Quel est le critère hiérarchique ? Pourquoi alors que nous étions simplement changeant, sommes-nous, pour nous, soudainement changés ? Quel est le facteur déterminant ? Pourquoi ce facteur est-il déterminant ?</p>
<p>Je n&#8217;ai absolument aucune idée de la façon dont résoudre ce problème que je n&#8217;ai que partiellement réussi à retranscrire (il manque plein de détails mais mon manque de culture scientifique me bloque).</p>
<p>Si j&#8217;ai un début de réponse, je vous écris un roman de 700 pages pour l&#8217;exposer.</p>
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		<title>Lettre ouverte à mademoiselle Bordeaux</title>
		<link>http://zlavequelibre.wordpress.com/2010/10/29/lettre-ouverte-a-mademoiselle-bordeaux/</link>
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		<pubDate>Fri, 29 Oct 2010 12:09:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
				<category><![CDATA[Personnel]]></category>

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		<description><![CDATA[Chère Bordeaux, Si tu pouvais faire en sorte de me faire rencontrer de nouvelles personnes, je te serais très reconnaissant. En effet, si j&#8217;en crois les projections spacio-temporelles tenant compte du rythme auquel mon cercle de connaissances s&#8217;agrandit dans cette triste ville, la probabilité pour ma descendance d&#8217;être congénitale est d&#8217;environ 9001%. Promis, si les [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=291&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chère Bordeaux,<br />
Si tu pouvais faire en sorte de me faire rencontrer de nouvelles personnes, je te serais très reconnaissant. En effet, si j&#8217;en crois les projections spacio-temporelles tenant compte du rythme auquel mon cercle de connaissances s&#8217;agrandit dans cette triste ville, la probabilité pour ma descendance d&#8217;être congénitale est d&#8217;environ 9001%.<br />
Promis, si les conditions sont remplies, je tâcherais d&#8217;éviter les allers-retours incessants à Toulouse.<br />
Cordialement,<br />
Ton petit Blènounet d&#8217;amour.</p>
<p>PS : Si tu pouvais purger la Rue St-Catherine au napalm par un beau samedi d&#8217;octobre, je t&#8217;en serais doublement reconnaissant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Edit : Je vais boire pour punir ma raison pure de se comporter aussi mal à l&#8217;audience de son propre tribunal, et, de toute la connaissance a posteriori des consommations d&#8217;alcool après une longue période de sevrage que j&#8217;ai pu accumuler précédemment, je peux attendre a priori de la prochaine d&#8217;avoir pour résultat une ébriété proche de celle d&#8217;un âne commun (Equus asinus). Le but ? Déterminer si l&#8217;affirmation &#8220;tout corps est étendu&#8221; est bel et bien le fait d&#8217;un jugement analytique, ou simplement celui d&#8217;un être alcoolique qui, par connaissance a priori pure des concepts d&#8217;espace et de temps, constate avec sagacité qu&#8217;il est en train de ramper dans son vomi. L&#8217;investigation philosophique des conditions de possibilité de l&#8217;ivresse à la vodka pure continue.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>(je passe un week-end de ouf là)</p>
<br />Classé dans:<a href='http://zlavequelibre.wordpress.com/category/personnel/'>Personnel</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/zlavequelibre.wordpress.com/291/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/zlavequelibre.wordpress.com/291/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/zlavequelibre.wordpress.com/291/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/zlavequelibre.wordpress.com/291/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/zlavequelibre.wordpress.com/291/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/zlavequelibre.wordpress.com/291/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/zlavequelibre.wordpress.com/291/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/zlavequelibre.wordpress.com/291/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/zlavequelibre.wordpress.com/291/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/zlavequelibre.wordpress.com/291/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/zlavequelibre.wordpress.com/291/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/zlavequelibre.wordpress.com/291/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/zlavequelibre.wordpress.com/291/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/zlavequelibre.wordpress.com/291/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=291&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Erasmus or not Erasmus ?</title>
		<link>http://zlavequelibre.wordpress.com/2010/10/09/erasmus-or-not-erasmus/</link>
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		<pubDate>Sat, 09 Oct 2010 21:11:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Blèh</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Quelque peu conforté par la validation de ma première année, j&#8217;ai esquissé le projet fragile de présenter ma candidature pour partir en Erasmus dans un pays anglophone l&#8217;année prochaine (troisième année). Mais si les premiers jours enthousiastes, qui ont vu naître la ferme résolution, étaient placés sous l&#8217;égide d&#8217;une clarté limpide façon grand beau ciel [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=zlavequelibre.wordpress.com&amp;blog=7811298&amp;post=285&amp;subd=zlavequelibre&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quelque peu conforté par la validation de ma première année, j&#8217;ai esquissé le projet fragile de présenter ma candidature pour partir en Erasmus dans un pays anglophone l&#8217;année prochaine (troisième année). Mais si les premiers jours enthousiastes, qui ont vu naître la ferme résolution, étaient placés sous l&#8217;égide d&#8217;une clarté limpide façon grand beau ciel bleu d&#8217;été, à mesure que j&#8217;avance timidement dans mon premier semestre, je suis bien obligé d&#8217;être gagné par les nuages gris et forcé de peser le pour et le contre. Un peu perdu, hésitant, et embrumé, il m&#8217;a paru intéressant d&#8217;exposer ici le problème dans sa complexité.</p>
<p><span id="more-285"></span></p>
<p>Reprenons depuis le début : j&#8217;ai toujours eu envie de me casser d&#8217;ici. Clairement, le plaisir d&#8217;habiter dans un pays avec un modèle politique et économique différent est la plus grande des stimulations. Assez de voir des cas théoriques, ou des jolies pages blanches remplies de schémas colorés, je veux vivre le pays, l&#8217;économie, et la culture étrangère par moi-même. Bien évidemment, les pays les plus libéraux en premier, histoire de tester les limites du bidule, car votre serviteur n&#8217;est pas un dogmatique illuminé, mais bien un chasseur de vérité ; et j&#8217;ai toujours tenu pour principe élémentaire qu&#8217;une véritable expérience négative du libéralisme me ferait renier sa raison. Il faut donc comprendre que les arguments du type &#8220;le pays est magnifique !&#8221; &#8220;tu vas voir, là-bas on vit la nuit, c&#8217;est super vivant !&#8221; j&#8217;en ai vraiment rien à foutre. Non ; mon pays de destination idéal parle anglais (comme moi) et n&#8217;est pas socialistoïde/national-protectionnistoïde. La destination idéale serait donc l&#8217;Irlande. Seulement voilà, l&#8217;UFR de Philo ne propose que Birmingham (pour l&#8217;anglophonie) et je dois dire que ça me tente moyen. Un vague espoir renaît lorsqu&#8217;on sait que les UFR d&#8217;Histoire, Lettres, et Philo ont été rassemblés dans l&#8217;UFR Humanités et qu&#8217;il se pourrait qu&#8217;on ait alors accès à toutes les destinations, mais j&#8217;en doute très très fort. Bref niveau carotte c&#8217;est pas super prenant.</p>
<p>Ce petit coup porté à mon projet n&#8217;est que le premier. Le second, peut-être le plus &#8220;objectivement&#8221; compréhensible, est le plan financier. Comme souvent, je me retrouve dans une situation un peu particulière, famille monoparentale à revenu moyen : pas assez riche pour financer le projet, pas assez pauvre pour prétendre à une bourse. L&#8217;idéal serait que je me sorte les doigts du cul et que je bosse en plus de la fac pour me permettre de partir. C&#8217;est la décision la plus raisonnable, sûrement. Mais je suis vraiment dégoûté du marché du travail. Ma belle année 2008 perdue à frapper à toutes les portes pour tenter d&#8217;obtenir même le plus minable des jobs sans succès aucun y est sûrement pour quelque chose. En réalité c&#8217;est même justement pour ça que je suis ici, à tenter d&#8217;étudier quelque chose qui me passionne pour espérer devenir prof (pas pour la fonction publique, mais bien pour le métier en lui-même). J&#8217;ai choisi les études parce que la progression professionnelle par des jobs qui m&#8217;emmerdent n&#8217;est définitivement pas pour moi.</p>
<p>Le plus gros problème à mes yeux est bien en partie lié à ce que je viens de décrire. Pendant cinq ans, j&#8217;ai erré et glandé, incapable de trouver suffisamment de motivation pour me mettre à bosser ; jusqu&#8217;à tomber sur la philo. Là, j&#8217;ai trouvé mon domaine. Courageux mais pas téméraire, luttant contre mes démons, j&#8217;avais profité d&#8217;une configuration avantageuse qui mettait toutes les chances de mon côté : retour forcé à la maison mère, à dix minutes à pied de la fac, loin de toutes les tentations du centre ville, dos au mur dans une fac de la dernière chance, avec la satisfaction de travailler quelque chose qui me plait, et en bonus une stabilité sentimentale (qui s&#8217;est rompue en cours de route). Je voyais un psy qui avait médicamenté mes peurs et tentais donc la réussite en mode <em>very easy, </em>histoire de voir si je pouvais enfin passer ce premier niveau.</p>
<p>Cette année, je suis passé en mode <em>normal</em>. Malgré la situation géographique et financière confortable (j&#8217;habite toujours chez ma mère), fini les anti-dèp, fini la stabilité sentimentale (enfin dans un sens, je suis toujours stable, debout, au fond du trou), maintenant j&#8217;affronte mes démons <em>très</em> personnels sans épée +2, juste avec mes frêles petites mains de roturier. Ce qui implique notamment la lutte <em>intestine</em> contre mon colon irritable, ses douleurs, ses cacas chiasseux cinq à six fois par jour, ses nausées matinales, la déconcentration qu&#8217;il induit, et le sentiment d&#8217;insécurité permanente qui en découle. Ne prenez pas ça à la légère. C&#8217;est probablement ce qui structure le plus implacablement ma vie étudiante/professionnelle : imaginez avoir une gastro cinq jours sur sept, tantôt discrète, tantôt aigüe, qui s&#8217;intensifie avec le stress banal d&#8217;une journée de cours, ou une période d&#8217;exam. Voilà, c&#8217;est juste atroce. Mais tout va bien : je lutte, je vie, je mène mon train train. J&#8217;ai trouvé mon rythme.</p>
<p>Et voilà l&#8217;argument principal contre ce défi que constitue le départ à l&#8217;étranger. Je devrais quitter mon confort de bon aloi, celui qui m&#8217;a <strong>enfin</strong> apporté la réussite scolaire dont j&#8217;avais besoin, pour venir me perdre dans un endroit où j&#8217;aurais à prendre le bus (sans me chier dessus) tous les matins, bosser le soir pour payer mon loyer, me mettre sciemment dans la merde alors que, depuis l&#8217;année dernière, je fais partie de ceux qui ont la chance de pouvoir étudier dans des conditions optimales ? Je devrais quitter la structure rassurante de cette classe, ces professeurs, cette université qui me sont maintenant tous familiers pour venir jouer l&#8217;équilibriste alors que je me sais si facilement enclin à l&#8217;échec ?</p>
<p>&#8220;Il faut se lancer&#8221;. Mais c&#8217;est ici, toutes les semaines, tous les matins que je me lance. C&#8217;est déjà pas évident, alors quoi, je devrais me lancer en mode <em>hardcore</em> ? En plus ? Je ne sais pas si j&#8217;en suis capable. D&#8217;où l&#8217;idée d&#8217;attendre le master pour faire mes conneries ; me donner le temps de travailler plus en avant mes peurs avec des filets que l&#8217;on retire progressivement, sécuriser mon premier diplôme (la licence) pour me donner confiance et me convaincre que je suis capable de faire quelque chose de moi. Ça me paraît être un bon compromis. Erasmus, ce serait alors griller les étapes, pour une expérience (l&#8217;Angleterre que j&#8217;ai déjà aperçue) qui ne me tente pas tant que ça.</p>
<p>D&#8217;un côté il y a cette terreur profonde, de l&#8217;autre, l&#8217;envie audacieuse de poser ses couilles sur la table et de faire <em>fuck you</em>, côlon. <em>fuck you</em>, phobies. <em>Destinée, me voilà</em> ; etc.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ceci dit, vu le bordel administratif décuplé cette année, je pense que j&#8217;ai le temps d&#8217;y réfléchir.</p>
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